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Dossier : La Fondation Wyeth veut connaître et comprendre  les adolescents pour les aider efficacement

Depuis 2005, la Fondation Wyeth pour la santé de l'enfant et de l'adolescent organise chaque année un Forum destiné à nouer un véritable dialogue et un échange entre les jeunes et les professionnels qui travaillent auprès d'eux. Cette rencontre permet de mettre en évidence les différences ou les similitudes de points de vue entre les adolescents et les acteurs qui se consacrent à leur éducation et à leur soutien. Elle est également l'occasion d'établir un état des lieux du ressenti des adolescents et des professionnels de l'éducation et de la santé.

Grâce aux études exclusives menées par IPSOS Santé pour la Fondation Wyeth, il est chaque année possible de mieux connaître le regard que portent les adolescents sur leur vie, qu'il s'agisse de leur bien-être, de leurs relations avec leurs pairs et leurs aînés, ou encore de leurs aspirations. Par ailleurs, en 2006, a été réalisée une enquête auprès de médecins généralistes et de pédiatres qui a permis de déterminer avec plus de précision la nature du rôle de ces professionnels face aux adolescents et le cas échéant, leurs difficultés.

Elle a également mis en évidence certaines des difficultés rencontrées par les professionnels de santé. En outre, ces « regards croisés » entre ces adultes et ces adolescents ont révélé que l'image que les professionnels ont des adolescents et de cette période de l'existence, est très éloignée de celle renvoyée par les intéressés eux-mêmes. Ce décalage entre la perception des adultes et celle des adolescents était également apparu l'année dernière dans le cadre de l'enquête qui avait interrogé parallèlement des 15/18 ans et des adultes de 25 ans et plus. Ces derniers avaient par exemple très nettement surestimé l'importance du mal-être chez les adolescents.

Santé, Solidarités, Autorités
En 2008, la Fondation Wyeth a décidé de confronter le point de vue des adolescents à celui des professeurs et des infirmières scolaires. Ces interlocuteurs jouissent d'une place particulière dans la vie des adolescents : ils occupent en effet une position de neutralité plus importante que les parents, ce qui, dans certaines situations, peut contribuer à la naissance d'un dialogue apaisé et constructif. De plus, s'ils représentent une certaine autorité, notamment les professeurs, leur rôle principal n'est jamais celui de sanctionner ou d'imposer des limites, mais d'enseigner et de transmettre un savoir, des expériences et des valeurs destinées à leur permettre de construire leur vie d'adulte. Dans cette perspective, il était particulièrement intéressant d'interroger ces professionnels sur les questions phares du 4ème Forum adolescences : la santé, les solidarités, les autorités. L'enquête a choisi de « croiser » les regards portés par les adolescents, les professeurs et les infirmières sur ces sujets.

Loin des images d'Epinal, les adolescents sont bien dans leur peau.
L'enquête réalisée par Ipsos Santé du 14 au 27 mars 2008 auprès de 847 adolescents âgés de 15 à 18 ans est d'abord destinée, à l'instar des précédentes, à établir un baromètre du bien-être des adolescents. Les résultats sont encourageants. Le sentiment de bien-être des lycéens, comme par le passé, est en effet très élevé pour la majorité d'entre eux. Ils sont ainsi :

- 96 % à déclarer avoir beaucoup d'amis,
- 79 % à estimer pouvoir parler facilement avec leurs parents,
- 78 % à déclarer se sentir bien à l'école,
- 71 % à se dire satisfaits de ce qui leur arrive.

Pourtant, comme le montraient déjà les études réalisées auprès des médecins et des adultes en général, il est rare de voir associée, chez les plus de 25 ans, l'idée de bien-être à la période de l'adolescence. On retiendra par exemple que seuls :

- 47 % des professeurs et 26 % des infirmières jugent que les adolescents peuvent parler facilement avec leurs parents,
- 49 % des professeurs et 41 % des infirmières pensent que les jeunes sont le plus souvent satisfaits de ce qui leur arrive.
La perception des adolescents par les professeurs et les infirmières diffère de plus sur un point essentiel :
- les premiers ne sont que 50 % à juger que leurs élèves savent à qui s'adresser en cas de problèmes, alors que 78 % des infirmières sont de cet avis.

Sans doute les rapports qu'entretiennent les infirmières scolaires avec les adolescents expliquent-ils cette différence de perception car elles sont plus souvent amenées à évoquer des questions qui dépassent le cadre scolaire.

Les professeurs sont moins enclins que les autres adultes à croire les adolescents sous pression

L'enquête indique par ailleurs que :
- se sentir sous pression est un sentiment partagé par 42 % des adolescents,
- ressentir des difficultés à aller vers les autres est vécu par 17 % d'entre eux,
- et se sentir souvent mal dans sa peau est un poids pour 18 % des jeunes gens.

Là encore, le regard porté par les professeurs et les infirmières tend fortement à surestimer le pourcentage d'adolescents en difficulté. Bien que vivant quotidiennement auprès des adolescents, les infirmières et les professeurs ne sont pas plus optimistes que les adultes de 25 ans et plus interrogés en 2007, ou les médecins en 2006. Cependant, les adultes qui sont le moins aptes à considérer que les adolescents sont sous pression sont les professeurs (72 % le pensent, contre 81 % des médecins), et ceux qui en sont les plus convaincus sont les infirmières (91 %). De même, les professeurs sont 63 % à penser que les adolescents sont mal dans leur peau, ce qui est un diagnostic bien moins sombre que celui établi par les infirmières scolaires qui sont 77 % à avoir une telle opinion.

Solidarités : les amis au cœur des préoccupations des lycéens
Quelle vision les adolescents ont-ils des solidarités ? Et en quoi leur regard diffère-t-il de celui des adultes ? Pour les jeunes, les professeurs et les infirmières, la solidarité c'est avant tout « aider les personnes en difficulté au quotidien ». Les Forums des Académies avaient déjà permis de mettre en évidence combien était importante aux yeux des adolescents la notion de « faire du bien à l'autre ». Mais, c'est sur la définition de cet « autre » que professeurs, infirmières et adolescents se séparent. Ces derniers sont 20 % à penser que la solidarité c'est « faire partie d'un groupe d'amis très liés », alors que seuls 3 % des professeurs et des infirmières partagent cette opinion. On remarque en outre que les professeurs seraient 26 % à plébisciter le bénévolat, alors que seuls 17 % des adolescents y pensent. De même, 23 % des infirmières considèrent que la solidarité réside dans le fait de donner son sang ou un organe ; une perspective qui n'est retenue que par 16 % des jeunes interrogés.

Respect et justice : deux notions différentes ?
L'enquête décrit par ailleurs, la perception de l'autorité par les adolescents. La première autorité qu'ils respectent est celle de leurs parents (70 %), suivie par celle des chefs d'établissements (53 %) et des professeurs (52 %). Ce respect ne signifie pour autant pas qu'ils estiment que cette « autorité » est juste vis à vis d'eux. Lorsqu'on aborde le sujet sous cet angle, ils affirment que ce sont les infirmières, citées par 38 % des adolescents, qui représentent l'autorité la plus juste à leur égard. Enfin, l'autorité qui leur apparaît la plus indispensable est celle de la justice (49 %). Les professeurs et les infirmières ne semblent pas souffrir d'un quelconque sentiment « d'irrespect » de la part des adolescents. Ils sont même très nombreux (80 % des professeurs et 91 % des infirmières) à juger que les adolescents les « respectent » en tant qu'autorité.

Les tentatives de suicide : un tabou qu'il faut lever
Autre sujet du Forum Adolescences 2008 : la santé est également au coeur de l'enquête réalisé par IPSOS Santé pour la Fondation Wyeth. Les Forums des Académies ont montré que les lycéens souhaiteraient que cette question ne soit pas uniquement abordée sous un angle négatif (présentation des dangers, des contraintes...). A cet égard, on remarquera les divergences de point de vue entre les adolescents, leurs professeurs et leurs infirmières. Pour les premiers, c'est l'hygiène et la propreté le meilleur atout santé des jeunes, alors que les seconds les inviteraient plutôt à privilégier le sommeil, et les troisièmes le moral.

Sur ce dernier point, on remarquera que le sujet qui semble le plus difficile à aborder entre les adultes et les adolescents concerne les tentatives de suicide. Ainsi, pour un adolescent sur deux (51 %), c'est le sujet qu'il aime le moins aborder avec les adultes. C'est également un sujet difficile pour 31 % des professeurs, en troisième position dans le classement des thèmes délicats, et pour 14 % des infirmières. Reflet de ce lourd tabou, pour 87 % des adolescents et 95 % des professeurs et des infirmières, les tentatives de suicide chez les adolescents devraient être une priorité des pouvoirs publics.

Enquête exclusive réalisée par  IPSOS santé pour la Fondation Wyeth du 14 au 27 mars 2008